Le Laser SB20, sportboat amusant et abordable

Le Laser SB20, sportboat amusant et abordable

Courtesy of Voiles et Voiliers (France)

Le Laser SB3 ? Késako ? Vendu à 600 exemplaires dans le monde, très populaire en Europe, ce sportboat de 6,20 mètres de long pointe son nez en France. Je l’ai testé le temps d’un championnat hollandais, avec deux amis normands tout juste propriétaires. Bingo ! Le bateau est simple, rapide et amusant, l’équipage réduit à trois ou quatre personnes, la série compétitive et cosmopolite. Le tout pour un budget raisonnable. Tentée ? Et comment !

«Ça y est. On a un bateau !» Paul Durozey et Paul Decarpentry ont franchi le pas : en septembre dernier, ils ont acheté un Laser SB3. Pourtant, ils ont moins de cinquante ans à eux deux… Le premier est intermittent, le second encore étudiant. Il y a quelques années, nous avons régaté ensemble sur des sportboats de club. Aujourd’hui, séduits par le SB3, ils sont devenus propriétaires. C’est comme ça que nous sommes tous les trois partis en Hollande les 8, 9 et 10 octobre, pour notre première régate à bord de ce quillard de sport développé par Laser Performance.

Départ de Normandie dans l’après-midi, nuit à Amsterdam et arrivée matinale à Medemblik, où se déroule le championnat national de Laser SB3. Quelques 600 kilomètres en camion avec un bateau de 6,20 mètres de long pour 2,15 de large en remorque. L’ensemble reste maniable. Surtout, pas besoin de permis E puisque le classique permis B suffit pour le remorquer, ni besoin d’un véhicule particulier bien qu’il soit conseillé d’utiliser une voiture d’une tonne minimum.

Mâtage et mise à l’eau se font en une petite matinée. Même délai – trois heures – pour remettre le bateau sur sa remorque le dimanche après-midi. On peut gruter ou mettre à l’eau depuis une cale. Le safran est court et léger, il se pose facilement. Une chèvre permet de descendre la quille relevable. Côté équipement, la monotypie est stricte puisque Laser est le fournisseur exclusif de la classe. Restent l’inscription, la pesée, les derniers préparatifs et c’est parti !

Sur l’eau, le bateau réagit comme un gros dériveur, maniable et marrant. Le cockpit ouvert est très simple et bien pensé. Sous la baille à spi, une trappe permet d’accéder à un espace restreint où l’on range le moteur, un seau, quelques amarres et un sac étanche. A trois, on trouve bien ses marques. A quatre, c’est plus compliqué – mais la jauge plafonne à 270 kilos et il est tentant d’embarquer un équipier supplémentaire.

Dès 15 nœuds de vent, le bateau décolle sous spi et part au planning. Complètement grisant ! Pourtant, les 46 m2 du spi sont relativement faciles à envoyer, à régler et à affaler. «Ça va fort sous spi et c’est assez sensible au près, mais il reste à dimension humaine», confirme Paul Durozey, barreur attitré. «Rien n’est vraiment difficile sur le bateau.»

Ce que je redoutais, par contre, c’est ce rail métallique un peu saugrenu placé sur le liston pour empêcher les équipiers de se pencher au rappel. La jauge le précise : il faut laisser les fesses à l’intérieur de la barre. Message reçu … Même si c’est évidemment frustrant de ne pas pouvoir se jeter à l’extérieur, les pieds dans les sangles, comme c’est le cas sur d’autres sportboats.

Pour la régate inaugurale de Little Wing, notre fier SB3, un plan d’eau quasi douce : l’IJsselmeer de Medemblik, mer intérieure protégée de la mer du Nord et caractérisée par un clapot persistant.
18 bateaux sont présents : des Hollandais, des Anglais, des Belges, des Allemands et deux Français. Un avant-goût de ce que la série peut offrir : ils étaient 105 à participer au Mondial 2010, à Torbole, en Italie ! Paul et Paul fantasment : «C’est pour ça qu’on est venu faire du SB3 : pour naviguer avec une flotte vraiment nombreuse !»

En trois jours de régate, nous avons couru dix manches sur parcours banane et avons vite compris que le niveau était costaud. L’un des équipages britanniques, septième du dernier Mondial, a mis un wagon d’avance à tout le monde. Les trois costauds du bord ont remporté le championnat haut la main.
Ça se bagarre aussi derrière : les gars n’hésitent pas à aller au contact, gueulent en anglais à la bouée et s’arrachent sous spi. Ils ne lâchent rien.  D’ailleurs, malgré plusieurs manches dans les dix premiers, nous finissons 15e sur 18 … Pas vraiment satisfaits de notre résultat, mais rien d’anormal pour une première régate sur un nouveau support. Et puis, preuve de l’homogénéité de la flotte, les SB3 franchissent la ligne d’arrivée en un laps de temps étonnamment court.

Le week-end aussi nous a semblé trop court. Nous sommes partis de Normandie sans trop savoir ce que ça allait donner, nous sommes rentrés conquis, ravis. Le compromis  budget – bateau – série est validé. Et l’envie de retourner filer sous spi à bord de Little Wing est très forte !

Pourquoi avoir acheté un Laser SB3 ?

Le budget d’abord, qui reste raisonnable. Pour 11 500 euros, Paul et Paul ont fait l’acquisition d’une unité d’occasion en bon état, remorque, voiles et taux compris. (Pour un bateau neuf tout équipé, comptez 25 000 euros.) Pour démarcher d’éventuels sponsors et prendre en charge une partie des frais de régate, ils montent une association loi 1901. Le reste, c’est de la bidouille : on prend la camionnette familiale, ses vieux cirés et hop!

Et puis, il y a le bateau lui-même et son circuit de régates qui les ont attirés. On dit le Laser SB3 facile à transporter, à gréer et à mettre à l’eau. On nous a aussi vanté sa vitesse, sa réactivité. On nous a vendu du rêve ! Notre régate l’a confirmé.

Le Laser SB3 en France : interview d’Ed Russo, président de la classe

Depuis cet été, Ed Russo est le nouveau président de la série Laser SB3 en France. Avec le Club Nautique Valériquais (St Valéry en Caux), il souhaite «créer une classe locale, d’abord en Normandie, et ensuite en France.» Pour l’heure, on compte une quinzaine de bateaux en France, dont sept en Normandie. Son ambition est d’en avoir près du double l’an prochain.

«Le SB3 intéresse des régatiers qui cherchent un bateau monotype et un bon niveau de compétition. Ceux qui souhaitent un bateau pas très cher peuvent en acheter un d’occasion. Ceux, plus âgés, qui recherchent une plateforme plus facile que l’IRC et qui en ont marre des équipages à huit ou dix personnes sont aussi intéressés.»
Selon Ed, la série a l’autre avantage d’offrir deux circuits : un local et un international. «En SB3, il y a deux types de propriétaires : ceux qui aiment régater localement et qui cherchent une zone où d’autres bateaux régatent, comme c’est le cas dans le Solent. Et il y a ceux qui aiment uniquement voyager pour les grandes régates.» Le Mondial 2011 aura lieu en Angleterre, le Mondial 2012 en Australie. Tout un programme !

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